Une controverse contre l’égalité à l’école dès le plus jeune âge, Que se joue-t-il devant nos écoles à l’approche des municipales ?

La peur, les menaces sont aujourd’hui utilisées pour semer trouble et confusion. En fait pour remettre en cause une réalité aussi concrète que mesurable : l’inégalité de statut social entre les femmes et les hommes et la nécessité de lutter contre cette inégalité. Etre un homme et une femme ne donne pas la même place dans la société (salaires, pouvoir..), des études le prouvent. Personne ne peut ignorer les statistiques et les réalités qu’elles décrivent.

Alors pourquoi aujourd’hui, devant la mise en oeuvre des ABCD de l’égalité ou devant les actions d’éducation à la sexualité que le Planning et les équipes éducatives développent dans les établissements scolaires, certains montent-ils au créneau, affolant, insultant voire menaçant les parents et les enseignant-e-s sur les dangers d’une prétendue « théorie du genre » qui n’existe que dans leur tête !

Parce que les enjeux de l’éducation à la sexualité et à l’égalité sont de pouvoir inscrire dans la pratique, dans les comportements et les mentalités cette égalité qu’ils refusent. C’est l’apprentissage d’autres modèles, basés sur le respect de soi et de l’autre, quelle que soit son orientation sexuelle ou son identité de genre, qui le permettra.
Parce que refuser les dimensions affectives, relationnelles et sociales de la sexualité, c’est la réduire au biologique et à la procréation, objectif affiché de ceux qui aujourd’hui rêvent du retour de la femme au foyer, dans le rôle maternel exclusif qu’elle se doit d’assurer.
Parce que refuser de prendre en compte l’hégémonie de la norme hétérosexuelle et l’impact des assignations aux rôles sociaux des femmes et des hommes, qui enferment autant les filles que les garçons, contribue à maintenir les inégalités et la stigmatisation de l’homosexualité.

Pourtant les pays où l’égalité femme homme est la plus avancée sont ceux où l’acceptation de la sexualité des jeunes est la plus importante. Le taux de couverture contraceptive y est le plus élevé et les taux de grossesses non voulues les plus bas.
Aucune différence ne justifie les inégalités et le cortège des discriminations à l’oeuvre aujourd’hui en matière de sexualité.
Nous devons garantir ce droit à l’information et à l’éducation pour toutes et tous, droit inscrit dans la loi depuis 2001 à raison de 3 séances par an à l’école, en collège et en lycée. L’éducation à la sexualité doit réellement faire partie du socle commun des savoirs de base et des compétences. C’est un enjeu de démocratie et de progrès social !
A la veille des élections municipales, mobilisons-nous contre ceux qui, ayant perdu une manche dans leur bataille contre l’avortement, attaquent maintenant violemment toutes celles et tous ceux qui veulent construire une société d’égalité et de liberté.

Texte adopté au CA national du 2 février 2014