Archives par mot-clé : sexualités

sexualités

COMMUNIQUÉ DE PRESSE (27 avril 2012)

Campagne présidentielle : La sexualité des jeunes en épouvantail

Par ses annonces récentes, le candidat à la présidentielle de l’UMP met en lumière le projet de société auquel il aspire pour la France sur les droits sexuels et reproductifs et notamment ceux des jeunes.

Sa volonté d’exiger l’autorisation parentale pour l’accès à une contraception pour les mineures n’est pas digne pour quelqu’un aspirant à diriger notre pays, et ce pour plusieurs raisons dont une majeure : la discrimination entre les citoyennes et les citoyens qu’elle induit.

Discrimination entre les femmes et les hommes, la proposition ne précise pas si les garçons devront également avoir également une autorisation parentale pour acheter des préservatifs…

Discrimination entre les jeunes qui pourront discuter avec leurs parents et celles qui ne le pourront pas car les politiques publiques se doivent d’être égalitaires et équitables. Permettre n’est pas inciter, interdire n’est pas prévenir !

L’étape suivante sera-t-elle la remise au goût du jour de l’autorisation de leur père, frère ou mari pour les femmes qui souhaiteraient travailler ? Outre une proposition visant opportunément un électorat ultra-conservateur, c’est bien l’angoisse d’adultes nourrie d’un patriarcat frôlant le masculinisme face à la sexualité des jeunes dont il s’agit ici.

Pour Le Planning Familial, l’évolution de la société et les changements de mentalité passent par la possibilité de chacune et de chacun à se construire à travers une approche globale et positive de la sexualité, pour peu qu’on lui en donne les moyens : l’information, l’éducation et l’accès à la contraception et à l’avortement en sont les conditions.

Contacts :
Marie-Pierre Martinet # 06 70 19 83 48
Carine Favier # 06 88 52 09 10

2012-04-27_CP_sexualité_mineurs (PDF)

24 mars 2012, On défend l’avortement à Bruxelles !

24 mars 2012, On défend l’avortement à Bruxelles !

Pourquoi l’avortement fait-il si peur ?

L’avortement remet en cause et fait vaciller le socle sur lequel notre société s’est construite:

vision traditionaliste des familles, place et rôle des femmes dans nos sociétés, domination du masculin sur le féminin fondée sur le patriarcat et l’hétérosexisme. Tout ce qui pourrait remettre en cause ce système de pensée basé sur conjugalité et maternité, qui défend que l’homme serait idéalement fait pour la femme, est alors rejeté. C’est le cas de ce droit donné aux femmes de choisir ou non d’être mère. Les femmes sont considérées seules et uniques responsables de la relation sexuelle et de ses conséquences, l’avortement symbolise, dans un ultime affront, leur incapacité quant à cette responsabilité. Le « trauma » de l’avortement viendra punir de leur choix celles qui bravent l’interdit ! C’est ainsi que, largement soutenus par les intégrismes religieux, de nombreux pays prévoient de revenir sur le remboursement de l’avortement, sur les lois l’autorisant, quand ils ne l’interdisent pas tout simplement. Les autorités religieuses ont, donc une large responsabilité, démontrant leur trop grand pouvoir sur un enjeu démocratique mondial majeur.

Un enjeu démocratique essentiel aux sociétés

Un des piliers de la démocratie est l’universalité des droits et l’égalité entre tous les citoyens, qu’ils soient femmes ou hommes. Il est impossible de justifier l’aliénation, la discrimination et la domination 50% d’une population par l’autre moitié. Les femmes ne sont pas mineures, elles pensent et agissent par elles-mêmes, elles sont libres. Leur accès à la contraception et à l’avortement fait partie de cette liberté. Non, les femmes ne sont pas ces « pauvres choses inconséquentes ». Il y a un intérêt majeur à permettre cet accès à toutes les femmes, sans discrimination, ici et partout dans le monde. En Europe, l’Assemblée parlementaire du Conseil a voté en 2008 une résolution demandant aux États membres de dépénaliser l’avortement et de garantir aux femmes l’accès à un avortement sans risque et légal, appelant à lever les restrictions qui en entravent en fait ou en droit l’accès, à assurer l’accès à la contraception et à instituer l’éducation obligatoire des jeunes à la sexualité .

Un enjeu de solidarité européenne et mondiale

Cet enjeu de solidarité est mondialisé. En Europe, les reculs constatés çà et là, nous obligent collectivement comme européens et citoyens du monde Lors du colloque « Droit à l’avortement : quels enjeux pour les femmes en Europe ? » organisé par Le Planning Familial en 2009, la déclaration finale, adoptée à l’unanimité des 17 pays européens présents, réaffirmait : « le droit à disposer de son corps est le socle fondamental permettant aux femmes de vivre dans une société égalitaire, plus juste, plus démocratique ».
Elle lançait un appel à la solidarité, à la vigilance extrême de l’ensemble des forces progressistes et citoyennes, et à la création d’un réseau riche de nos différences et de notre volonté, pour construire cette solidarité européenne et mondiale, celle des femmes et des hommes libres et égaux. Le Planning Familial participe donc le 24 mars à Bruxelles au rassemblement européen « Abortion Right ». Cette initiative doit être saluée et rejointe car elle s’inscrit dans cette dynamique de solidarité entre les peuples pour défendre ce droit fondamental et positif sans lequel les femmes ne pourront jamais être libres. Les lois légalisant l’avortement doivent être appliquées. Il est plus qu’urgent que toutes celles et ceux qui luttent pour le droit de choisir et l’élargissement des législations sur l’avortement soient soutenus, défendus et se rejoignent dans un élan de solidarité sans précédent.

Reconnaître la sexualité des mineurs

Le nombre des maternités précoces dans la région reste dans la moyenne nationale. Pourtant, elles continuent de déranger. Signe que la sexualité des jeunes n’est pas – encore – entrée dans les moeurs ? …

Chez notre voisin britannique, le succès de l’émission de téléréalité « Seize ans et enceinte » est proportionnel au taux des grossesses adolescentes : le Royaume-Uni d’Alfie Patten – devenu père à 13 ans, il détient l’actuel record – connaît la plus importante croissance de ces enfants parents en Europe. Rien à voir avec notre région, où le nombre des très jeunes mères reste stable : de 2006 à 2010, le taux de fécondité des mineures ayant accouché dans le Nord – Pas-de-Calais est passé de 0,73 à 0,80.

Maternité valorisée

« Même s’il y a des territoires et des populations plus préoccupants, cela ne représente que très peu de cas », relativise le Dr Élisabeth Vérité, référente périnatalité à l’agence régionale de santé. D’autant que les chiffres régionaux des IVG chez les mineures demeurent relativement stables également (lire ci-dessous). « Mais le problème des jeunes mères n’est pas tant médical que sociétal », estime le Dr Vérité.

La décision finale de garder ou non l’enfant, jamais facile à prendre, appartient à l’adolescente. Si tant est qu’elle puisse faire abstraction des pressions morales, économiques, sociales. Que se passe-t-il vraiment lorsqu’elle s’adresse aux professionnels : au corps médical (les médecins ont une clause de conscience, leur donnant le droit de refuser de participer à une IVG, mais le devoir d’indiquer un autre praticien), ou au Planning familial (des conseillères, militantes du droit des femmes) ou encore aux centres de planification (financés par les conseils généraux) ?

« Une adolescente qui accompagnait sa copine enceinte m’a dit : « Si elle le garde, au moins, elle aura quelqu’un qui l’aime et à quidonner tout l’amour qu’elle a », raconte, perplexe, Véronique Sehier, conseil-lère au Planning familial de Lille.

On doit travailler sur l’estime de soi des jeunes filles : quand on n’est pas douée à l’école, pas poussée par l’entourage, avec l’avenir professionnel bouché, on se dit que réussir un bébé peut donner un sens à sa vie. On voit de très jeunes filles sujettes à l’influence des magazines et de la télé, où la maternité est hyper valorisée. Elles s’identifient aux modèles qu’on leur propose. » Pour Véronique Sehier, également membre de la commission contraception au bureau national du Planning familial, « le fait que la loi – du 4 juillet 2001, garantissant l’accès gratuit et anonyme à la contraception et à l’IVG – reconnaisse la sexualité des mineurs fait encore grincer des dents. Or rien de pire que se dire : « Si on ne leur en parle pas, ils ne le feront pas ». » Est-ce aux parents d’en parler ? « Pas à eux seuls : entrer dans la sexualité, c’est aussi un acte d’autonomie par rapport aux parents ! » En revanche, la loi de 2001 prévoit « trois séances d’éducation sexuelle à l’école par niveau d’âge pour tous les élèves » : dans les faits, ils en ont à peine deux au fil de leur scolarité : « Pourtant, informer sur la sexualité va plus loin que dire « Gaffe au sida ». Il manque une approche globale et positive, où on aborde tout, de la contraception aux violences, en passant par le désir d’enfant », estime Véronique Sehier. Pour cela, la région manque encore de lieux d’écoute et d’information comme le Planning ou les centres de planification. « Donner les moyens d’appliquer la loi, c’est éviter de risquer des retours en arrière », prévient Véronique Sehier.

Le gouvernement britannique, après la paternité d’Alfie, a adopté un plan de 24 millions d’euros pour améliorer l’accès des adolescents à la contraception.