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Diane 35 et génériques retirés du marché

Le Planning Familial est étonné de la décision de l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé) de la suspension de l’AMM (autorisation de mise sur le marché) de Diane 35 et ses génériques dans les trois mois. En début de semaine, l’avis de l’ANSM était beaucoup plus mesuré.
Cette décision, dans la foulée de celle d’encadrer la prescription des pilules de 3ème et 4ème génération comme si cela n’était pas suffisant, vient :
–    renforcer et aggraver fortement l’angoisse des femmes et la suspicion qui pèse désormais sur l’ensemble des méthodes de contraception
–    démontrer que le seuil d’acceptation des risques en matière de prévention est très largement inférieur à ceux liés aux grossesses ou pathologies
–    mettre en exergue que le caractère « de confort » de ces produits (dont leur action contraceptive) ne peut être toléré et s’oppose au droit fondamental des femmes de maîtriser leur fécondité

Le Planning Familial déplore qu’aucune autre mesure ne soit annoncée notamment quant à l’encadrement des prescriptions, la formation des professionnels et l’information des personnes et tient à rappeler que le risque zéro n’existe pas.
Il encourage les femmes sous Diane 35 ou génériques à ne pas interrompre brutalement ni leur traitement ni leur contraception et à prendre contact avec les prescripteurs.

Pilules, pas de panique : il faut le redire !

Chaque semaine, chaque jour presque, sont mis avant les dangers d’une pilule puis d’une autre… sans que jamais ne soient évoquées les conséquences d’un arrêt brutal de contraception, en l’occurrence une grossesse non prévue ! Résultats : peur et méfiance !

On en oublierait presque que la pilule est d’abord un moyen de contraception efficace, et qu’à ce titre, c’est un vrai progrès pour les femmes et les hommes qui choisissent de vivre une sexualité libre et épanouie ! Que c’est le choix des femmes de maîtriser leur fécondité, de décider si et quand elles veulent être mères ou pas !

Sans vouloir minimiser les situations dramatiques et douloureuses vécues par les familles qui déposent plainte, Le Planning Familial s’interroge sur la façon dont se fait l’information aujourd’hui.

En France, en Europe et dans le monde, ces droits des femmes à disposer de leur corps sont toujours malmenés : 222 millions de femmes dans le monde n’ont toujours pas accès aux services de planification familiale (UNFPA Etat de la population mondiale 2012 « Oui au choix, non au hasard, planification familiale, droits de la personne et développement ») et une femme meurt toutes les 8 minutes des suites d’un avortement clandestin, faute de cet accès aisé à la contraception et à un avortement sûr et légal…

Qui se soucie aujourd’hui de l’inapplication de la loi française de 2001 ? Qui se soucie que l’information et l’éducation à la sexualité manquent de moyens, que des méthodes de contraception toujours mal ou pas remboursées, que l’accès à la contraception définitive soit souvent refusé et qu’il manque de lieux d’accueil pour les jeunes sur les territoires ?

Chaque femme, chaque homme, sans condition de situation ou de ressources doit pouvoir exercer le droit de choisir une contraception adaptée et remboursée, en toute confiance, après avoir reçu une information claire et objective sur les avantages et les risques de l’ensemble des moyens de contraception. Tous les jeunes doivent pouvoir accéder à cette contraception de manière gratuite, confidentielle, autonome et responsable : 59% des 15-17ans utilisent un préservatif non remboursé comme moyen de contraception, parfois en association avec la pilule dans 15% des cas (Enquête Fecond 2010, Bajos et al,). Ce sont les conditions nécessaires à l’exercice de ce droit fondamental.

L’accès à une information claire, complète et en toute transparence est une responsabilité de l’Etat. Il lui appartient donc de veiller à la formation des professionnels et à l’information du grand public sur TOUS les moyens de contraception, la pilule bien sûr, mais aussi tous les autres, d’autoriser ou non la mise sur le marché de ces produits, de faire les recommandations auprès des prescripteurs et de veiller à leur application.

Garantir à toutes et tous l’accès en toute sécurité et sans jugement à l’information, à toutes les méthodes de contraception et à l’avortement, est un combat universel ! Les droits sexuels sont des droits fondamentaux et au-delà d’une question prioritaire de santé publique, il s’agit bien d’autonomie, de liberté, d’indépendance, dans le respect des différences.

Droit à l’information et droit de choisir vont ensemble !

A quand une véritable campagne d’information sur TOUS les moyens de contraception ?

A quand des messages clairs, objectifs, cohérents et rassurants ?

PILULES de 3ème et 4ème générations: Ouverture du numéro vert gratuit 0 800 636 636

A la demande de Marisol Touraine, Ministre de la Santé, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) ouvre un numéro vert gratuit pour informer les femmes sur les pilules contraceptives, à partir du mercredi 23 janvier : 0 800 636 636 (appel gratuit).

Du lundi au samedi, de 9h à 20h, une équipe de téléopérateurs, encadrée par un médecin et des sages-femmes, répondra aux questions que les femmes se posent sur leurs pilules de 3e et de 4e générations :

 De quelle génération est ma pilule ?
Je prends une pilule de 3ème ou 4ème génération, dois-je l’arrêter ?
Qu’est-ce qu’une thrombose veineuse ?

Cette plateforme téléphonique fait partie du dispositif développé par le Ministère pour informer, guider et favoriser le bon usage de ces médicaments. Un plan d’actions visant à renforcer la sécurité d’une contraception est également en cours de réalisation.
La confiance des femmes dans la contraception est un enjeu majeur de santé publique.

Source :Communiqué Ministère de la santé
Pour plus d’information sur la pilule contraceptive
Le Planning Familial: http://www.planning-familial.org/articles/pilule-pas-de-panique-008173
INPES : http://www.choisirsacontraception.fr/

Ne diabolisons pas la pilule…

Le ministère des affaires sociales et de la santé a annoncé que les pilules de troisième et quatrième générations ne seront plus remboursées à partir du 31 mars.

Cette décision intervient après que l’ANSM a lancé une mise en garde auprès des professionnels de santé pour qu’ils « révisent à la baisse leurs prescriptions » de ces pilules.

Le Planning Familial appelle dans ces circonstances à ne pas diaboliser la pilule, et éviter à tout prix d’induire une inquiétude chez les femmes envers les pilules de deuxième génération.
Il est a noter également que les recommandations de la Haute Autorité de Santé précisent déjà que les pilules de troisième génération ne sont jamais à prescrire en première intention.

Le Planning Familial souligne également l’incohérence suivante : si les pilules des dernières générations sont dangereuses, qu’elles soient retirées du marché, sinon, pourquoi faire une hiérarchie entre les moyens de contraception. Enfin, si ces pilules n’ont pas de service médical rendu, pourquoi ont-elles une autorisation de mise sur le marché?

Enfin, Le Planning Familial rappelle avoir toujours dit que les pilules des troisième et quatrième générations n’apportaient pas grand-chose de plus que celles de la deuxième génération, sauf dans certaines situations.