Communiqué de Presse: 26 et 28 septembre 2012, journées internationales pour le droit de choisir d’être mère… ou pas

26 septembre 2012, journée mondiale de la contraception ; 28 septembre, journée internationale d’actions pour l’accès à l’avortement. Deux facettes d’un seul et même droit, celui du choix des femmes, de leur l’autonomie et de leurs droits à la maitrise de leur fécondité ! Des droits fondamentaux et universels ? Vraiment ?

Pour Le Planning Familial ces droits sont indissociables, c’est le choix des femmes à maîtriser leur fécondité, à décider d’être enceintes ou pas, mères ou pas.

En France, grâce aux luttes menées, l’accès à la contraception et à l’avortement est légal mais l’injonction de réussite contraceptive vire au tabou absolu pour l’avortement. En témoigne la culpabilisation de celles « échouant » à cette injonction et qui décident de ne pas poursuivre leur grossesse !

Une hypocrisie internationale. 215 millions de femmes dans les pays en voies de développement n’ont toujours pas accès aux services de planification familiale et une femme meure toutes les 8 minutes des suites d’un avortement clandestin faute d’un accès aisé à la contraception et à un avortement sûr et légal.

Les textes ne manquent pourtant pas ! De la conférence du Caire en 1994 aux Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), tous les textes, toutes les déclarations reconnaissent l’importance pour les femmes d’accéder aux services de planification familiale et à l’avortement de manière sûre et légale. De l’ONU en 1999, pour qui  « l’interdiction de l’avortement viole les droits de la personne humaine. Le droit au libre choix doit sauver des vies » au Parlement de l’Union Européenne déclarant en mars 2011 que « l’Union européenne et les États Membres doivent garantir aux femmes un accès aisé aux moyens de contraception ainsi que le droit à un avortement sûr » mais rien ne bouge vraiment.

Et en France, en Europe et dans le monde, les droits des femmes à disposer de leur corps sont toujours malmenés. La loi de 2001 française n’est pas vraiment appliquée: éducation à la sexualité laissée au bon vouloir des équipes éducatives, accès à la contraception temporaire ou définitive très mal remboursée ou refusée, manque de lieux d’accueil pour les jeunes sur les territoires… Quant à l’avortement, les restructurations hospitalières réduisent comme « neige au soleil » les possibilités d’accès aux centres IVG… Une liste de dysfonctionnements trop longue pour notre pays qui vient de se doter d’un Ministère des Droits des femmes et qui se veut progressiste !

La Pologne, l’Irlande et Malte interdisent toujours l’avortement ; l’Espagne, la Hongrie, la Russie, la Suisse envisagent d’en restreindre l’accès ou de ne plus le rembourser. Aux USA comme en Europe, les anti-choix veulent renforcer la clause de conscience, prônent l’abstinence, attaquent les centres pratiquant les avortements ou font voter la reconnaissance du fœtus comme personne juridique… De nombreuses femmes migrent alors dans l’indifférence générale pour mettre fin à une grossesse non voulue mais elles le paient au prix fort !

Ces freins, obstacles, tabous et régressions autour de la sexualité des femmes, des hommes et particulièrement celle des jeunes cachent mal la difficulté de nos sociétés à reconnaître ce droit aux femmes de choisir quand et si elles veulent devenir mères.

Garantir à toutes et tous information, choix, droit, et accès en toute sécurité et sans jugement à toutes les méthodes de contraception et à l’avortement, ici et là-bas est un combat universel ! Les droits sexuels sont des droits fondamentaux et au-delà d’une question prioritaire de santé publique, il s’agit bien d’autonomie, de liberté, d’indépendance, dans le respect des différences.

Ce combat, Le Planning Familial le poursuit en France, en Europe et dans le monde avec l’IPPF et ses associations partenaires pour que s’appliquent enfin ces droits fondamentaux pour les femmes et les hommes partout et dans tous les pays, où qu’ils soient !